Men of Yamato – 2005

Synopsis:

Japon, 2005. Une femme se rend au port et aborde les marins pour qu’on l’emmène en mer avec des coordonnées précises.

Ils s’agit de celles où gît l’épave du Yamato, le fleuron de la flotte Japonaise des années 30 avant qu’il ne fut envoyé par le fond avec plus de 3000 matelots à son bord.

– le seul rayon de soleil dans ce naufrage-

Avis:

La seconde guerre mondiale est un sujet polémique en Asie du Sud-Est essentiellement du fait du positionnement de l’Etat Japonais. Mes nombreuses conversations avec des Hong Kongais ou Taiwanais ont conduit ma réflexion vers cette évidence: le Japon ne s’excusera pas, comme le fit le Vatican, la France en son temps (contrairement à un certain président en talonnettes) ou l’Allemagne.

En témoigne la visite annuelle du premier ministre à Yasukuni, temple shinto dédié au repos des morts pour la patrie nippone dont des criminels de guerre du pacifique chaque année fait la rage d’une grande partie de la communauté asiatique. Ce serait un peu comme si le chancelier Allemand brulait un cierge annuellement dans un cimetierre où reposeraient des SS.

De même le scandale des femmes de réconfort n’a toujours pas trouvé d’issue et entretient les sentiments anti-Japonais plus particulièrement en Corée du Sud.

Le risque est grand de me lancer dans une longue dissertation sur le rapport de l’Asie avec la culpabilité mais ce serait faire du copier coller de l’excellent livre l’esprit des religions qui propose de comprendre le shintoïsme pour mieux appréhender, ce positionnement perçu comme nationaliste.

Le film quant à lui est le devoir de mémoire d’un pays pas qui veut se déculpabiliser mais veut pleurer ses morts. Clairement, on veut s’offrir son Pearl Harbor. Et ça marche pas.

Le message en filigrane est bien trop grossier. L’image du survivant de la guerre emmenant la femme et l’enfant en bateau en mer illustre une société dirigé par une tranche d’âge en recherche de l’esprit guerrier d’une certaine époque. Le vieillard, en temps que mémorie collective, se laisse bousculer par la sincérité de la démarche et ravive les souvenirs pour mieux les réconcilier avec le présent.

Quant à l’enfant, il dépeint une jeunesse qui serait à l’unisson de ce mouvement de devoir de mémoire. L’objectif suprême est atteint puisqu’en Asie être heureux n’est pas se transcender individuellement (propre de l’occident) mais vivre en harmonie avec nos semblables. L’adage orientale veut que l’on se réconcilie avec le passé (voir le voyage de Chihiro pour une image plus simple) pour envisager tout avenir là où l’occident dit de ne pas « se fixer en arrière au risque de vivre dans son rétroviseur ».

Un doux fantasme qui occulte les horreurs des motifs de la guerre et servirait d’expiation pour une nation éhontée.

Lorsque l’on connait les NEET et les effets de bord de la jeunesse japonaise actuelle, on peut clairement affirmer que le Yamato est un film qui se voile honteusement la face doublé d’un naveton daubique digne de figurer en 2e partie de soirée le mercredi soir sur M6.

C’était une insulte pour M6.

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