chronique de la violence ordinaire #1

Levé au son de Jake Shimabukuro, le café englouti et le cuir sorti pour célébrer cette fin de septembre pluvieuse avant l’heure, Raindrop se mit en route pour le boulot un peu à la manière de Martine cache un cadavre.

A peine le pied dehors et c’est déjà l’esclandre pour rejoindre la voiture: ça bouchonne pile devant mon palier.

A croire que les jours de pluie, les gens se jettent dans leur bagnole et deviennent amnésiques du code. C’est Craig Armstrong, sonate pour la pluie, qui accompagne mon trajet, musique choisie comme on choisit la couleur de ses rideaux: pour se prémunir de l’indigence des jours d’Automne, conserver au chaud nos ressources et les plus jolis, de préférence.

Traverser la montée Saint Sebastien relevait de la gageure depuis la fermeture du tunnel de la Croix Rousse. Ajouter la pluie et l’incourtoisie au volant devient une option obligatoire. Arrivant de La Place de la Croix Rousse, par Mottet de Gerando je n’atteins même pas la place Colbert que ma voiture est au point mort au son délicat des cordes de l’orchestre.

Situation cocasse, j’aimerai prendre une photo pour ce blog mais me ravise: Xuxu me casserait du sucre sur la qualité de l’image.
Je m’engage donc Rue Diderot pour contourner via les Tables Claudiennes, les bits électroniques se superposent aux corps des notes organiques.

Me voilà au croisement Rue Burdeau et la montée Saint Sebastien, pour découvrir qu’un camion en livraison stationne sur la pavé et congestionne complètement la descente. Moi en démarrage en cote et la voix de soprano qui susurre du html en Allemand, si,si.

2,3 puis 4 voitures me barrent le chemin pour contourner la camionnette en warning. La pluie indifférente continue ses percussions et je me pose la question de qui est prioritaire dans une montée. Ceux qui montent. That would be me…

Pendant un flash me vient l’image d’une double fracture radius cubitus, ça m’a toujours intrigué et Bono entame son couplet.

Je force le passage. Avec le démarrage en cote, la flotte sur le pavé et l’angle de la montée Saint Sebastien, les pneus patinent et les nappes de synthés montent crescendo.

C’est dans la rue des Fantasques et sa superbe vue surplombant le Rhône que je pique sa place à un Berlingo muni d’échelle qui avait l’ambition de faire une marche arrière sur 800 mètres en sens inverse.

J’hésite. Non, et tout haut: Moi aussi, je tavaille.

4 Réponses

  1. T’a pas peur que le berlingo t’ait rayé ta voiture en représaille ? :p

    G l’impression que c’est le bordel dans ce coin de lyon les matins….
    Bon courage

  2. Y a des endroits qui ne sont tout simplement pas fait pour les voitures… (tres bon post au passage)

  3. lip, pas de raillure à posterieri. La rue des Fantasques est à sens unique et les creneaux se font à gauche comme à droite.

    Imagine la marche arrière que ça implique moi avec 5 voitures en plein embouteillage du matin derrière!

    Chris,
    hello et merci de passer. C’est le prix de la gratuité?!

  4. En effet, le prix de la gratuité (mais pour combien de temps?)
    >> merci de passer
    de rien, c’est à moi que ca fait plaisir ^^ (meme si je ne commente que rarement)

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