Jesus Camp – 2007

Synopsis:

Levi, jeune américain d’à peine 10 ans se prépare pour un camp d’évangélisation dans le dakota du Nord. Lui et une poignée d’autres se voient recueillir les confidences et les réflexions devant la caméra.

Avis:

Un documentaire, histoire de changer.

Jesus Camp contrairement à ce que pourrait évoquer son nom, est loin d’être du matériel de propagande de l’obscurantisme.

Il apporte au contraire un éclairage lucide sur l’aveuglement d’une certaine aile extrême d’un courant religieux dominant en Amérique du Nord.

Dans l’amalgame si représentatif d’une nation fachée avec le christianisme qu’est la France, Jesus Camp cloue le bec des imbéciles ignares qui se fachent ou empruntent le chemin du mépris dès que le nom de Jésus est évoqué.

Mépris et colère qui témoignent d’un manque de recul et d’une carence aigue sur le sujet se donnant pour excuse une utopie républicaine.

Revenons en à l’Amérique. Jesus Camp fait le portrait terrifiant d’une amérique profonde, vivier électoral à la solde d’un certain président qui comme vous le savez concourt (avec le pape) au prétendant à l’anté-christ.

Le documentaire se révèle d’une subtilité que les complaisants reportages d’envoyé spécial à basher toute forme de religion ont lamentablement loupé.

Rappelez vous ces reportages sur des Evangéliques en France, dépeints comme des fanatiques, au mieux comme des coincés du cul. Ce que vous ignorez peut être, c’est que les Evangéliques en France ont une fédération reconnue par l’Etat dont l’existence et la pratique du culte sont in fine légitimes.

Fédération qui à l’époque avait témoigné de sa vive réaction quant à l’amalgame que le reportage de FR2 suscita.

Le film fait scrupuleusement la différence entre le mouvement Evangélique, cette branche moderne du Protestantisme d’avec le courant extrémiste qui s’en est dégagé: le Pentecôtisme (ie ceux qui prétendent que seuls les gens qui parlent en langue sont sauvés et duquel s’est réclamé un certain président américain).C’est de cette branche pentecôtiste et au nom de cette foi qu’un certain pays est allé faire cette guerre de la honte que connait le moyen orient.

L’acuité avec laquelle les enfants sont décrits comme cibles d’un système totalitaire fait froid dans le dos. Heureusement l’animateur de radio rappelle qu’en Amérique, il existe des chrétiens normaux si tant est que le pape les considère comme tels.

Comme dit l’adage: se réclamer de la vérité est le premier pas vers l’obscurantisme.

Jesus Camp est une photographie d’une jeunesse embrigadée dans la machine électorale. La ferveur aveugle de ses enfants qui ne font que répéter ce qu’on leur à fourré dans le crâne appelle à notre plus grande vigilance en temps qu’adulte.

Il n’est pas si simple de dire que la religion est la cause de tous les problèmes. Ce n’est pas le propos de Jesus Camp et Guthemberg nous prouve le contraire chaque jour.

Le film n’est donc pas une dénonciation de la foi mais de ses extrêmes et comment le politique l’exploite.De ce fait le docu s’inscrit dans la droite lignée de Farenheit 9.11 avec peut être un supplément d’âme amenant l’oeuvre vers un autre niveau d’appréhension.

Une Réponse

  1. […] dans le film une dénonciation d’un puritanisme instrumentalisant les enfants. A ce titre, Jesus Camp complèterait 6 ans plus tard ce portrait d’un vivier de personnes d’influence […]

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